Partager l'article sur

Décryptage – La publicité intrusive va avoir du soucis à se faire en 2018 !

Quelque part à l’insu des géants d’internet, les adblockers ont émergé et se sont développés en quelques années seulement, en surfant sur l’avidité des uns (éditeurs) et leur désir de servir encore plus de publicité, et le besoin des autres (internautes) de préserver leur droit à une navigation sereine, ils ont réussi à mettre en place un modèle aux allures mafieuses.

Ces solutions auraient peut être dû se maintenir à des niveaux d’activité plus modestes, leur croissance fulgurante leur a, en effet, joué le plus mauvais des tours, car, en devenant trop menaçantes pour les grands, elles ont déclenché une riposte impitoyable. Facebook et Google ont opté pour des stratégies différentes, mais aux résultats bien communs, déjà constatés pour le premier, à suivre de très près pour le deuxième. Décryptage.

Facebook : suprématie technologique

Q4 2016, Facebook annonce une importante mise à jour de son système de gestion des publicités. Enjeu: bloquer les adblockers !

Durant les 12 mois qui vont suivre, les internautes les plus avisés auront suivi avec intérêt le duel entre Facebook, et le chef de file du camp adverse: Adblock Plus. Au début de cette année, force est de constater que la victoire est largement remportée par les équipes techniques de Facebook qui auront permis à ce géant social de drainer quelques 709 millions de dollars de recettes publicitaires, auprès de la seule cible « usagers des adblockers » en déjouant continuellement les mises à jour rivales.

Entre-temps, Facebook a complètement revu sa stratégie d’affichage publicitaire, rendant ses insertions, moins faciles à repérer par ces vilains bloqueurs, mais également, plus en phase avec les attentes des utilisateurs, tenant compte de leur préférence, et préservant, au mieux, leur UX.

Facebook ne se serait pas permis de narguer ses utilisateurs en ignorant leur choix de bloquer les publicités indésirables. Il s’adapte donc en tenant compte des principales motivations au téléchargement des adblockers: UX, Sécurité, Respect de la vie privée, et formats.

Il y a ceux qui subissent, et ceux qui font les marchés…

Chrome: le contre-pied par l’intégration

Google a fini par s’inviter officiellement à cette guerre, en juin 2017, avec une annonce d’un autre genre. Il s’agit cette fois-ci, d’un native adblocker, généreusement proposé par Chrome, le navigateur le plus utilisé dans le monde avec 51,7 % de parts de marché à fin 2017.

L’objectif est le même: préserver une manne importante de recettes, qui, dans le cas de Google, constituerait plus de 88% du CA d’Alphabet, la maison mère, et qui dépasserait les 79 milliards de $ (chiffre 2016).

Sur le plan publique, Google parle de retour vers une meilleure user experience, en marge de sa récente adhésion à la Coalition for Better Ads. Concrètement, il s’agit de contourner le problème à la Facebook, transformant la menace en opportunité.

En effet, une étude approfondie sur le sujet révèle que les internautes nord américains et européens adopteront la première solution de filtrage qui se positionnerait sur le mobile, les solutions actuelles s’étant plus concentrées sur le desktop.

Emboîtant donc le pas à Safari, son challenger sur ces 2 régions, Chrome adopte une posture en faveur des utilisateurs, allant même jusqu’à promettre de bloquer ses propres publicités, dans une approche « tout ou rien »: dans le cadre des bonnes pratiques listées par la Coalition, les sites autorisant un seul format intrusif verraient la totalité de leur publicité bloquée, jusqu’au retrait du format incriminé.

Ainsi, Google peut se prémunir contre les risques de blocage externe, en se constituant lui-même en régulateur vigilant et bienveillant.

La révélation est promise pour le 15 février 2018: un Happy Valentine’s Day, the Google way 🙂

Les marchés concernés par la bataille

Notons que la question se pose d’abord pour les marchés nord américains et européens, l’Asie, étant le fief de UC Browser (le navigateur du géant AliBaba), et le Maroc, comme les autres régions, enregistrant un taux d’usage des adblockers trop bas pour être considérés:

Éditeurs et Annonceurs, quels formats bannir?

Même si notre région n’est pas encore concernée par la question, il serait prudent de garder à l’esprit que l’utilisateur est au centre de tout ce remue ménage, et que lui garantir une expérience de navigation agréable doit être l’un des principaux objectifs de tout marketeur qui se respecte. Voici donc les formats jugés intrusifs, et qui seront bloqués sous d’autres cieux, dans un futur proche, et peut être même, sous le notre, un peu plus tard:

4 Formats Desktop


 

8 Formats Mobile


Pour plus d’informations sur les formats intrusifs: https://www.betterads.org/standards/

 

 

Yousra LASMAR Brand & Business Developpement Consultante Senior - https://www.linkedin.com/in/yousra-lasmar-9105b41/